Une.Histoire.de.Dix.et.Un

Je t'écris, mon Bébé Chat

Ecrit le Dimanche 21 août 2016 - 4:40

J'ai déménagé. Je sais pas si je te l'avais dit. J'attends encore mon canapé.
En plein centre-ville, dans une rue familiale. Un appartement en mezzanine. J'ai de grandes fenêtres, de la pierre apparente et un lit immense. Oui. J'ai un lit immense. Tu peux pas savoir à quel point les derniers mois ont été durs dans le lit individuel de mon appart' de la gare.
Et plus du lit, j'ai... une baignoire. Et je retrouve un niveau de stress décent. Même quand il fait 40°C, même quand il est 1h30 du matin. Si je rentre du taff et que je suis tendue, je m'enfonce dans l'eau et j'y flotte pendant une bonne heure.

Tu verrais ma vie, putain.

Là, il est 3h59. Et si je suis devant cet écran rétro-eclairé qui me défonce les rétines, c'est parce que j'ai commencé à me parler et que j'en pouvais plus. Trop de mots dans ma tête, trop d'images, trop de projets.

Alors, je viens ici. Et je raconte. Des trucs qui n'ont rien à voir avec ceux dans ma tête. Mais il faut bien commencer par quelque chose. Et le commencement, c'est ce que je déteste. Donc en général, je chope la première phrase qui me vient et je la lance. Tac. Installée, on peut passer à autre chose. Déverrouiller la solitude de ma tête et déverser quelques kilos d'idées sur le net.

A la base, je venais pour te demander une faveur. M'envoyer la photo de la tente. Cette photo que je ne retrouve nulle part. J'aimerais bien la faire imprimer en format.. Allez. Poster. Mais on ne se parle plus et çà fait.. allez. 4 ans que c'est le cas ? Les dates ont tendance à se mélanger. Ah non, 3. C'était 2013. 2013, cette année juste ignoble. Donc en fait, tu vois, je demande ici. Lol. Je demande parce qu'on peut pas ré-écrire le passé, qu'on ne peut pas le revivre non plus, que je sais pas qui tu es devenu et je sais pas non plus si. Bref, on s'en fout. Mais il se trouve que mon appartement est un immense coup de coeur. Un cocon que j'ai construit pièce par pièce ( et dieu sait si on en a ch.. sué à monter meubles sur meubles, bouffer sur des cartons, se taper des fous rires entre deux coups de marteau, se noyer sous les papiers et les plans pas à l'échelle avant de désespérer devant l'inclinaison hallucinante de mon sol en bas. Bref.) et cette photo, c'est juste nos deux étés ensemble. çà fait petit écrit comme çà et rapportés aux années passées à s'écrire tous les jours, çà le fait encore plus. Mais qu'importe. Nos deux étés devaient être vécus. On aurait pu faire plus, et surement moins mais en tout cas, on les a bien rempli et on a vécu.

Mon dieu, comme je tourne en rond.

Bref. Cette photo, elle résume tout. Elle résume la Vie, la liberté. Elle résume... le Bonheur. Elle résume et en même temps, elle me permet de me rappeler l'essentiel : "ils ne savaient pas que c'était impossible alors ils l'ont fait". Et elle me rappelle. T'sais. Quelle question.

Cet appartement, c'est le point de départ.

Mon anniversaire arrive à pas immenses et j'avais déjà un peu pleuré pour mes 26 ans. Alors, les 27 ans, si tu savais le trou que j'ai dans le ventre. Cette sensation que j'ai raté ma vie. Que je suis passée à côté de tout. Tout, tout, tout. Absolument tout. Et que jamais je pourrais plus revivre ce que je n'ai pas vécu au bon moment. Alors toi, tu arrives comme une bouée de sauvetage. Je panique et puis je me rappelle. Oui, çà s'est mal fini. Oui, on a souffert. On a été déçu et compagnie. Mais cette douleur est à la hauteur de ce que l'on avait vécu avant. Tu m'aides à ne pas paniquer. Et cette photo doit s'installer dans mon cocon.

Je me suis démolie méthodiquement. Je suis maintenant très bas.Vraiment. Mais je panique devant ce chiffre. Je me dis que je dois vivre. Qu'il le faut maintenant avant que ce soit devenu une idée risible.

J'ai pas forcément envie de voyager loin, faire des trucs déments. Non, mais je veux me sentir vivante. Je veux rencontrer des gens qui me ressemblent. Des gens avec qui je pourrais être normale. Y'a que toi qui sait qui je suis, pleinement apaisée. Et j'en ai marre. Nos chemins se sont séparés et je dois absolument me mettre un coup de pied au cul pour reprendre la route. Droite dans mes bottes. Trop longtemps que j'erre en mentant à tout le monde. Trop longtemps que je retiens ma respiration. Trop longtemps que je fais le miroir. Les gens ont oublié que j'existais derrière.

Je me suis dit que j'allais recouvrir les murs de photos. Travailler la déco petit à petit. Alors j'en ai plein à imprimer en grand.

Attends, le chat s'agite dans son sommeil. Il fait parfois des cauchemars et ses pleurs sont des sons déchirants à entendre..

Je vais faire une nuit blanche, tu vas voir. Il est presque 5h. J'ai absolument pas sommeil. Je liste mes envies. Mes projets. Par où commencer, comment tout organiser. Je profite de chaque heure de repos hebdomadaire. Dormir est une perte de temps. Je peux vivre seulement deux à trois jours par semaine, en fait. Vive la vie salariée. Surtout quand tu te fais des journées de bâtard pour le smic. Enfin. Hé. J'ai choisi.

J'ai choisi Bordeaux. J'ai choisi la base de l'échelle. J'ai choisi.

Et j'assume.

Et j'ai déménagé. J'ai un vrai appartement. Et à mon image. Et je respire déjà plus grand quand je passe la porte. Ah ah. Vite, la suite!

Ecrit le Samedi 16 juillet 2016 - 23:53

Et.. Avant Toi, on comprend pas bien. On effleure, on se laisse progressivement fondre et quand il est pile trop tard, on est fait comme des rats. Je peux pas te dire. Ça ne se dit pas. Ça se vit. A deux, quatre mains. A deux pieds bien ancrés. Bien beaux, mes amours. Beau comme un roi. Immobile mais vivant. Prisonnier. Libre. Heureux, mon amour. Délivré. Dès le début. Tu m'as manqué. Ses mots étaient les siens. Hollywood en moins. Notre vie réelle en plus. La liberté me manque. La solitude me démolit. Rêver si fort fait naître un gouffre dans mon ventre. Du vide, du vide.. Besoin de toi. Tellement. Reviens. Toi et ton pull. Reviens. Je peux plus faire la fière. J'ai .. chaud dans cette vie si petite. Tellement.

Ecrit le Samedi 2 juillet 2016 - 23:55

Je veux repartir. Revivre le premier été. Revivre. T'sais, juste re-sentir tout ce que j'ai ressenti là bas.

J'y pense en boucle depuis plusieurs semaines. Depuis que j'étouffe au travail, que la fatigue me cloue au lit et que la vie passe trop vite. Beaucoup trop vite.

Deuxième nuit dans mon nouvel appart. Le chat continue de ne pas dormir, je sais pas combien de temps il va tenir comme çà. Moi, je dors. Pas assez à cause du rythme dégueulasse de mon emploi du temps. Mais je dors. Enfin à mon aise dans un magnifique lit deux places.

Mais j'aimerais repartir. Revivre. Parenthèse. La plus belle de toutes.

Tant pis. Les projets tentent, tant bien que mal, de se construire ici. Mais c'est dur. Tellement dur.

Ecrit le Jeudi 23 juin 2016 - 22:45

Le silence qui dure. Qui dure. Qui dure.

Et, au milieu de tout çà, la vie. Je déménage, ça y est. Et je suis remplie de projets.

Et, aux gens qui me disent "non", je leur réponds : " Mais, sans rire, de quoi tu te mêles? "

Les gens mettent trop le nez dans les affaires des autres. Vraiment trop.

Ecrit le Mardi 21 juin 2016 - 1:28

Je ne crois en Dieu que dans les moments où la mort entre en jeu. J'ai beaucoup trop croisé la mort ces derniers temps. Je la recroise encore ce soir et franchement, je suis profondément en colère devant ce vieux tas de cartes moisis que Dieu distribue aux alentours.
Tellement de traumatismes, tellement de douleurs, tellement de chocs. Comme une flamme qu'on allume et qu'on souffle au moment où on en a le plus besoin. Perdu. Perdue. Perdus. Perdues.

Je suis écoeurée.

Louise, prématurée de 27 semaines, issue d'un déni de grossesse, ne survivra pas. Sa maman le sait et va donc la regarder mourir après avoir surpassé le traumatisme monstrueux de sa naissance. Et je n'ai que de la colère, de l'amertume et une profonde déception à cette idée.

Vie de merde.

Ecrit le Dimanche 1 mars 2015 - 0:54

J'ai écrit trois pages. J'ai écrit trois pages, le fauteuil poussé au milieu de la cuisine, face au soleil de ce début Avril si prometteur. J'ai mis mon fauteuil, son repose-pieds, j'ai pris mon ordi sur les genoux. Le chat n'était pas encore là. C'était tellement avant. Une vie entière avant.
J'ai passé toute la journée. Toute l'après midi à me gorger de soleil, à accumuler de la vitamine D et des molécules de joie. J'ai accumulé et à la nuit tombée, après des appels réguliers de ma mère qui faisait la navette épave entre ses deux filles si loin dans un moment si dur, j'ai commencé à écrire. Il fallait répondre aux messages, éponger les larmes. Il fallait combler une douleur, la douleur DIX qui n'avait plus de limites tellement elle était partout, dans chaque fibre, chaque cellule, chaque atome.
A la nuit tombée, j'ai réactivé mon ordinateur et dans le silence assourdissant de cette peine, j'ai commencé à écrire. J'ai écrit farouche. J'ai écrit bravache. J'ai écrit avec sourire bringuebalant. J'ai écrit. Parce que j'ai écrit toute ma vie. Et j'écrirai encore et encore jusqu'à être paralysée ou aveugle. Ou morte. Ecrire me purge, me libère. Laisse filer au loin, dans une dimension inconnue et inatteignable des douleurs qui sont trop pour le corps, trop pour le cerveau.
Je voulais mettre l'enveloppe dans le cercueil, avec elle, nos enfances et nos avenirs à jamais brouillés de noir. J'ai finalement imprimé en couleurs après avoir pris le train à l'aube. Ce jour là, j'ai regardé la vie se réveiller derrière une vitre épaisse et rayée. Il a fallu se battre, racler dans les coins et trouver des miettes de courage. Se tenir debout. Sourire. Se chamailler.

Et bugger sur un moment qu'on s'imagine vivre mais toujours plus tard.

J'ai donné l'enveloppe à mon grand père. Glisser dans ce livre hypocrite où les phrases qui ne seront jamais lues s'accumulent, parfois brouillées d'un infime glissement de terrain lacrymal..
J'en parle ce soir parce que Nos Etoiles Contraires vient de me filer un coup au plexus. Je viens l'écrire ici, parce que c'était la vie d'avant. Je reviens parler d'avant.
Et dans ce film terriblement beau et drôle, il y a une phrase qui m'a bousillée pour longtemps, qui m'a fait réalisé que mes deuils ne sont toujours pas faits, que le manque est permanent. Je l'oublie, seulement, dans la tornade de jours à vivre que sont devenues nos vies. Mais cette phrase est si vraie. Si terrible.
Elle est partie alors qu'elle allait mieux. Et dans le film, ils parlent de la Dernière Bonne Journée. Ils ne savent jamais que c'est la dernière alors ils la vivent comme "une" bonne journée, ils sont heureux. Et ils tirent la porte et s'évaporent derrière leurs paupières closes.
Mes grands-mères allaient mieux et puis elles sont mortes. Alors tout n'est faux dans les clichés sur les cancéreux.
Seulement on aurait pas du avoir des entretiens d'embauche, des cours ou des partiels à réussir. On aurait du être là-bas. Vivre sa Dernière Bonne Journée avec elle. Dire les derniers mots qui manquent toujours.
Y'a plus personne. Seulement ce brutal orage de douleurs. Qu'il fallait laisser passer. Le chat a la tête posée sur mon pied, il me regarde en douce depuis que j'ai commencé à pleurer. Il attend que çà s'arrête pour commencer sa nuit.
On aurait tous du naitre chats. Neuf vies, elles en auraient seulement brûlées une seule. C'est tout de suite plus intéressant comme contrat.

Ecrit le Samedi 10 mai 2014 - 21:16

J'ai créé autre chose ailleurs. 

Si çà vous intéresse, laissez moi un commentaire avec de quoi vous joindre dedans
pour que je vous donne mon nouveau lieu d'écriture. 

Je ne peux pas arrêter d'écrire mais je ne veux plus revenir ici. 

Les fantômes se font beaucoup trop présents. 
Beaucoup trop. J'ai besoin de les garder loin
Pour continuer à vivre et à ne plus vouloir mourir.
 
Alors je m'en vais ailleurs, pour garder ma liberté.

Remarque:
Vos commentaires ne seront, bien évidemment, pas publiés. 
Sauf demande contraire. 
Mais là, je les lis avant de les rendre publiques.
 

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