Une.Histoire.de.Dix.et.Un

Je t'écris, mon Bébé Chat

Ecrit le Mardi 20 septembre 2016 - 0:00

Et, en ce début d'automne, je me surprends à pester en cherchant gros pulls et pantalons dans mes nouvelles penderies. Je découvre les réactions de mon appartement à la pluie, au vent, au froid, aux orages. Chaque jour est une découverte et chaque jour me rappelle ce début d'automne à Calafell. Quand, avec Rita, on pestait pour savoir qui allait promener le chien, qui allait aller faire les courses, qui prendrait le chauffage d'appoint pour la nuit. Quand on se calait dans le lit de l'une ou de l'autre pour se faire des marathons série et que chat et chien venaient se rouler en boule à nos pieds. Quand on se faisait des soirées Crêpe, quand on allait à notre chinois préféré. Mon anniversaire surprise aussi. Les cadeaux incroyables que j'ai reçu de la part de toute l'équipe.. Nos virées shopping à Barcelone.

J'ai froid dans ce nouvel appart mais ce froid me rappelle mon année espagnole. Me rappelle.. Un truc qui ne s'écrit pas et que j'ai ressenti tous les jours pendant cette année.

Je ne revivrai jamais cette expérience. L'équipe a explosé, Rita a quitté le Ra aussi. Les équipes ont changé. Les appartements ne sont plus les mêmes non plus. Et malgré ma profonde tristesse, mon pincement au coeur permanent, j'ai Vécu là bas. Peu de plage, beaucoup de sport. Peu de vacances, beaucoup de temps libre à vagabonder.

Et, en ce début d'automne, je me surprends à reprendre les trottoirs mille fois empruntés, quand je ferme les yeux.

On est déjà presque fin Septembre. La vie passe trop vite, putain. On devrait pas avoir l'opportunité de tergiverser comme on le fait. On devrait avoir 45 secondes à chaque choix. Choisir et vivre jusqu'au prochain. Et ainsi de suite. Parce que, si on laisse le temps, la vie recouvre tout et nous fait oublier l'essentiel. Elle nous fait oublier le choix.

Demain, je reprends 4 jours d'ouverture. Lever 5h30 et retour à la maison fracassée vers 18h. Mais comme ce rythme de vie correspond à celui de toutes les enseignes, tu dois aussi te battre contre toi même pour aller t'enfiler dans les rayons et oublier la moitié de ta liste de courses. Bref. La vie.

Ecrit le Jeudi 15 septembre 2016 - 20:02

Tout allait bien depuis quelques semaines et puis là.. Je viens d'accompagner ce qui pourrait bien être ma meilleure amie sur le quai de la gare. Elle est partie, dans le mauvais train, après raté le bon. A deux infimes secondes. Je suis rentrée en pilote automatique, un peu incommodée par le transport, les gens, le gris uniformisé de l'automne qui s'installe enfin. Tram, manteaux, ciel, routes. Cette fille, c'est ma première bouffée d'air frais depuis trois ans. Ce pourrait être la digne succession de . On s'est rencontré en Novembre de l'année dernière alors que je mettais joyeusement le pied dans un piège à loup en entamant mes premières journées à l'Apolonia et qu'elle sortait enfin la tête de ce truc. On s'est vu de loin en loin quand elle en est partie. Et puis, à chaque fois, les heures filaient et je me surprenais à me sentir chez moi, à ces terrasses de café, en face d'elle. On a la même vision de la vie. Elle est plus trash, plus anguleuse que moi. Elle sait se prendre les murs, en faire prendre aux autres aussi. Ceux qui lui tiennent à coeur. Elle sait escalader, relever la tête, éparpiller les quilles du destin.

C'est moi qu'elle a appelé quand Louise a débarqué dans sa vie. Lors d'une après midi surréaliste, nos vies ont basculé à jamais. On s'est trouvé. Toutes les deux.

Sauf qu'elle vient de quitter Bordeaux. Sa prochaine destination? Lyon. Le monde est tellement petit parfois. Les points centraux de ma vie s'y rassemblent tous. Un peu frustrant mais bon.. A Lyon, y'a plein d'hôtels aussi pour y travailler et puis j'ai envie de bouger. Et Lyon pourrait finalement être une bonne destination. Donc il se peut que.. à moyen terme, je décolle avec chats et meubles pour cette autre grande ville.

Mais rien n'est fait. Elle doit se ré-assembler. Et ensuite, on verra pour la coloc. L'idéal serait qu'on trouve dans le même hôtel. Ou pas. Plus de gens à rencontrer comme çà.

Mais ce sont de grands et lointains projets. Encore très flous. Encore soumis aux aléas de la vie. Et au vu de tous ceux qui se sont produits depuis Juin, il se pourrait que le chemin soit encore loin.

Mais voilà, j'ai mis valise et amie dans le train et en rentrant, je me suis surprise à être amère. Comme à chaque séparation d'avec Mathias. Amertume moins forte quand même. Mais amertume quand même. Reprendre la vie sans elle au bout d'une ligne de bus. Continuer avec des gens que tu aimes bien, qui t'aiment beaucoup mais avec qui tu... n'arrives pas. Disons le clairement : tu n'arrives même à rien avec eux. Tu les laisses parler et ils se rengorgent. Oublient que tu n'es pas juste un miroir. Et pour çà, j'en veux profondément à certains.

J'aime ma vie sur Bordeaux mais je manque de vérité. Je suis cantonnée dans un cercle qui ne me convient pas. J'ose pas en sortir. Honnêtement. La solitude absolue, tu comprends.

Les coutures commencent à lâcher parce que j'ai vraiment envie de rencontrer quelqu'un. Vraiment envie de tomber amoureuse. Vraiment envie de vivre à fond et surtout le vivre à deux. Et mes aspirations correspondent pas aux visions déjà bien rangées de ceux qui m'entourent. Je n'existe pas assez. Et je ne pourrais pas tomber amoureuse d'un mec qui me conviendrait qu'à moitié. Je veux pouvoir partir en Espagne avec lui, pouvoir lui montrer tout ce qu'on a fait. Ecrire une nouvelle histoire, à côté de l'ancienne. Pour être heureuse, il faudra que je puisse faire tout çà et bien plus encore avec ce Lui. Je veux exister. Vivre profondément.

Je meurs d'envie de balancer ma vie. Mais vraiment. Leur expliquer qui je suis, ce que je pense, ce que je veux. Parce que personne ne me connait
 Ils connaissent la fille qui souffre, qui n'a pas confiance en elle. La fille qui se démolit, se cache, s'efface. Mais ils connaissent pas la lumière à l'intérieur, les couleurs qui pètent, les expériences, les aspirations, la vie. Ils connaissent pas le sable, les galets, l'eau du petit matin. Ils connaissent pas les fous rires. Ils connaissent pas ce nouvel accent espagnol. Ils connaissent pas la vie à la dure (ah ah ah), les coups de soleil. Ils connaissent pas les écrits, tous ces putains de manuscrits qu'il faudrait soumettre aux éditeurs. Ils connaissent pas. Non. Ils connaissent pas. Et moi, je me balade avec tout çà dans le dos et j'ose pas le sortir. Attendez les gars, j'ai un truc pour vous.

Je vis dans une vie trop petite. Il va falloir que je me concentre pour en agrandir les pièces.

Je continue le même schéma. Encore et encore. J'ai eu quelques déclics. çà commence doucement.

Mais on en revient au même. La vie continue pour les autres et moi, je m'étouffe dans la médiocrité d'une vie trop basse.

et quand j'écris çà, je vois la tête de C. Jolie tête blonde que je commence à profondément détester pour son profond égocentrisme et sa profonde ignorance. J'aurais presqu'envie de lui faire mal. Mais mes mots sont trop tranchants quand je ne fais pas attention, mon visage trop agressif aussi. Avec elle, je sais qu'on touche à la fin des derniers sursauts de vie de notre amitié. Triste à dire. Mais.. On a rien en commun sinon un chat. Su-per. Et j'en peux plus d'écouter sans pouvoir parler. Pire.. De parler sans être écouter.

J'ai raison sur certaines choses. Sur beaucoup de choses en fait, la concernant et elle ne m'écoute pas. Se passe donc ce que je dis et ensuite, elle vient chouiner. Elle me l'a encore fait aujourd'hui et sans rire, je. ne. peux. plus. continuer.

Ce doit être à cause des bouquins que j'avale depuis que je suis petite, de ma vie sur les réseaux sociaux, de mes vraies amitiés, des sales coups que j'ai pris dans la gueule mais il s'avère que je suis souvent dans le vrai quand je parle. Mes conseils sont censés, objectifs et souvent utiles. Non, je ne me vante pas. Tout çà parce que j'écoute depuis toujours et que les expériences des uns sont utiles à d'autres etc. Et elle, cette cruche, n'écoute pas. Va dans les murs, s'éclate violemment dedans, se relève, reprend de l'élan et... recommence.

Bref. Pour voir çà, je m'achète un chien de plage arrière et çà en revient au même.

http://une.histoire.de.dix.et.un.cowblog.fr/images/6217691277a9d69ac270o.jpg
Elle est là, notre plage. Ce truc résume tout ce que je suis.
On repart quand?

Ecrit le Mercredi 14 septembre 2016 - 19:17

C'est bon. J'ai retrouvé la photo de la tente. Merci d'avoir annoncé le projet de me l'envoyer, çà m'a touché.

Ecrit le Samedi 10 septembre 2016 - 22:51

[Quand juste quelques mots laissés ici te font apparaitre un très, très grand sourire.
Il m'en faut peu pour être heureuse.]

La vie prend parfois des raccourcis pour te pourrir la vie. Elle en a encore pris hier. Moi qui était si fière de voir que mon corps me pardonnait tous les excès, je me suis découvert une boule dans la cuisse. Une douleur récurrente dans l'épaule et une gêne dans le cou, relative à tout un amas de ganglions qui refusent de partir. A priori, rien d'inquiétant. Les résultats des analyses n'ont rien montré de concluant donc je dois.. attendre. Mais, c'est pour çà. Noter les petits bonheurs, les faire exister et s'en souvenir. Pour pouvoir barrer la route aux mauvaises nouvelles.

Le chat est dans une crise de folie meurtrière. Il vient de presque décapiter mon cale-porte en forme de chat et a manqué faire éclater Madame Bonheur en la mordillant. Je lui lance des élastiques dans la baignoire. C'est son jeu du moment. Riez, non-propriétaires d'animaux! (je ris avec vous de me voir assise devant la baignoire, avec juste deux oreilles dressées de l'autre côté et un filou qui me zieute à peine par dessus le rebord. Lancera, lancera pas...)

Crapule.

On garde le cap. J'aimerais trouver le temps de repartir à Barcelone, revoir tout le monde. Choper le train jusque Calafell et revivre quelques jours là bas. Mais pour çà, il faut des jours de congés et j'en ai plus. Foutues règles.

Ecrit le Vendredi 9 septembre 2016 - 0:02

Avec toutes les phrases que je viens d'effacer les unes après les autres, j'aurais déjà pu remplir ce billet. Mais qu'importe. Je n'aime pas les débuts.

En ce moment, je ... ne saurais pas expliquer. Mais je me sens à la limite. L'extrême limite. Je pourrais basculer. Et j'écris dans ma tête toute la journée. Des phrases et des phrases qui s'écrivent puis s'effacent. Je ne peux pas écrire dans le bus. Ni même dans le tram. Je pourrais mettre plus de billets mais les fermetures m'achèvent les derniers neurones, tu sais. Finir à 23h45 et courir pour attraper le dernier tram. L'histoire de ma vie.

Ce qu'on raconte moins, parce que c'est positif, ce sont les fous rires avec les clients, les conversations en bout de comptoir, les blagues dans les couloirs. Notre hôtel est une très grande pension de famille.

Donc je pourrais écrire. Mais, pour écrire, je perds un temps fou à trouver LA musique qui me fera vibrer. Et, en ce moment, vu mon niveau de perdition, trouver une musique revient à ... perdre beaucoup de temps sur internet. Je n'arrive même plus à savoir ce qui me plait, de ce qui ne me plait pas. Tu me verrais. Une page blanche, les gars. Une page blanche.

Une toute nouvelle version qui peine à s'écrire. La solitude m'a fait perdre quelques repères et m'entourer de connards à achever de me réduire en éclats de personnalité. Tu sais, dans la phrase "Je veux vivre", chaque mot pèse une tonne. Bordel, si tu savais mon niveau d'impatience. Et mon niveau de frustration.

Je suis seule. Seule dans mon monde. Je sors, ris beaucoup et galère à dormir le nombre d'heures requis par nuit. Mais je suis putain de seule.

En ce moment, je suis hyper sensible à ses propos. çà se compte en semaines, en fait. Quelques semaines que je suis à "çà" de me remettre dedans.

Avec lui.

Je me retiens parce que, déjà, il ne le souhaite pas et ensuite, pour.. quoi? Je sais que j'étouffe et que je veux m'en sortir mais quelque part, je crois que le garde-fou de ma pseudo conscience m'empêche de retomber dedans. Parce que j'arrive pas à me rappeler de si j'ai réellement été heureuse avec lui. De si j'ai réellement vécu les choses, si j'ai vraiment ressenti ce qu'il fallait ressentir. J'ai l'impression d'avoir une face Joker. Dissociation de personnalité. J'ai oublié plein de choses. Hier, j'ai relu mon carnet. Le gros, en cuir qui sentait fort. J'ai relu parmi les taches d'eau, les plans à la main, les cartes, les autocollants, les feuilles glissées. J'ai relu par tranches et j'étais pas triste. Je lisais juste le récit d'une fille qui souffrait. La nana qui croyait avoir trouvé sa place et son équilibre dans le monde et qui, en fait, a essayé tout au long de ces pages abimées, de ne pas y croire, de ne plus y croire. Si on reprend, la fin ne sera pas différente. Malheureusement. Alors, pourquoi ? 

Et si je me tourne vers le passé, c'est parce que ce putain de mur blanc me terrifie et que je ne sais pas comment faire pour le péter ou y accoler ma vie.

Je pourrais faire comme C. Oui. Mais ce qu'elle ne comprend pas, c'est que je l'ai déjà vécu, ce qu'elle fait. Et si, elle, çà l'amuse.. Moi, çà me remplit de dégoût. Je veux pas d'un homme comme ceux qu'elle rencontre. Oui, je sais. Non, je ne suis pas une déesse. Mais j'ai quand même le droit d'espérer mieux que des mots creux, des dérobades et des évaporations, non ? Elle sourit hein. Mais elle ne mange plus qu'un repas par jour pour maigrir. Alors non.

Et j'ai pas de voiture. Alors qu'en fait, je meurs d'envie de me barrer au Porge. Me poser dans le sable, dire merde au monde de l'autre côté de la dune et profiter. L'instant.

Et c'est pour çà que j'en reviens à lui. Parce que, pour vivre l'instant, on était les premiers. J'ai jamais autant percuté la liberté qu'avec lui. Alors, oui, entre nous deux, c'était pas sur la même longueur d'onde mais par contre, pardon hein mais quand il s'agissait juste de vivre, côte à côte. çà... On y était et on y était pile poil comme il fallait. Et c'est çà que je regrette. Et c'est çà que je veux retrouver.

Je veux retrouver la meuf qui a traversé la france en train avant de choper une voiture et de passer la frontière. Seule, la boule au ventre et pourtant, SuperPilote. Celle qui s'est enfilé sur une micro route de campagne, qui a suivi des indications à l'aveugle et qui est arrivée à bout de nerfs sur un parking. De l'autre côté.

La nana qui vivait avec lui. Qui escaladait, galérait à tenir sur ses jambes, qui s'est brûlé le corps au soleil. Qui disait oui tout le temps, ouvrait en grand les yeux.

Je veux vivre, en fait. "En fait". Lol.

Là, tu vois, ton "lol" prend vraiment toute sa putain de place.

Le petit quotidien paisible, je l'aime. Mais j'ai soif d'aventures. J'ai soif de repartir avec lui. Repousser les limites. Même sans parler. Surtout pas de nous et de nos bandages dégueulasses qui peinent à cicatriser. Juste me barrer avec lui. Et vivre.

Parce que les gens qui gravitent autour de moi, ils connaissent la fille stressée, la fille maniaque, la fille excessive, la fille motivée et disponible. Ils se croient au sommet de leur vie et de leur coolitude. Mais tu dis "Naturisme" et ils tombent comme des mouches. çà connait pas, çà rigole nerveusement et çà finit sur le Cap d'Agde. Alors pardon si ces gens là ne sont pas le centre de ma vie, hein.

Ou ceux qui vont à .. Merde, j'ai perdu le nom.. Bon, disons "club Med" et compagnie.

Je ne critique pas, hein. Mais le Club Med.

La dernière fois, qu'est ce que j'ai pu rire.. On parlait camping. Bon, normalement, tu dois voir le type de camping que j'avais en tête. Alors, j'écoute, j'écoute, j'écoute et les entendre se plaindre de la queue aux sanitaires, des douches avec les voisins, des matelas qui se gonflaient pas, du réchaud qui manquait, etc, etc, etc.. Et moi, dans ma tête, y'a qu'une petite tente verte au bout d'un énorme tracé sur je sais pas combien de centaines de mètres. Y'a des plantes qui meurent de chaud dans une clio. Y'a pas de matelas, juste des sacs de couchage. Des Prince. Du sable absolument partout. Et.. pour la toilette, je me souviens pu mais çà devait pas être glorieux.

C'est pas juste ce qu'on a fait. Parce que maintenant,j'en demande trop. J'en attends trop. Alors, oui. Je dis pas, je vais apprendre à les laisser tenter leurs chances et abattre leurs cartes. Mais tout est trop plat. Je m'ennuie. Mon pire ennemi est aussi mon meilleur copain depuis quelques temps.

Alors, toi, tu as du bol. Tu peux y aller comme tu veux. Tu l'as déjà fait et l'a refait. Mais moi, tout est lié à toi. Et sans dèc, sans trop réfléchir, je pourrais monter dans la prochaine voiture/train/avion à destination de notre liberté. Sauf que, bordel. Ce sont des chimères.

Je t'admire parce que, malgré tout ce que tu peux dire, tu agis. Tu bouges. Tu vis, ressens.

Moi, je me réveille depuis peu. Oui, oui, laisse tomber, j'ai fait une traversée du désert bien longue.

Et si je piaffe autant d'impatience, c'est que çà y est, çà fait deux ans que je n'ai rien fait de mes étés. Le premier, chômage et le second... le travail et peu de CP à poser. Histoire mille fois répétée. Mais je me trouvais plus libre à Nature. Deux ans. Les années passent tellement vite que je panique quand je fais le compte.. On ne peut pas s'arrêter pour souffrir en fait. Il ne faut pas. Parce qu'ensuite, tu te réveilles à 27 ans et ta vie est foirée depuis des années.

Il faudrait que j'aille dormir. Je me lève dans 5h30.

Mais, tu vois, comme depuis quelques jours, je n'ai pas sommeil. Tu bouges trop d'un coup.

Ecrit le Mercredi 7 septembre 2016 - 23:43

(Ce que j'aime bien, c'est qu'en ce moment, tout le monde revient.)
(J'étais complètement barrée quand je faisais mes habillages toute seule, moi!)
(*redécouvre des fichiers sur son ordinateur*)
(a retrouvé tous les films... Et c'est comme si c'était hier... Et comme prévu, me voilà les yeux éperdument ouverts, assise en tailleur au milieu des restes éventrés de mes souvenirs. C'est maintenant que j'ai besoin d'un miracle. Pfff. Va chier.)

Ecrit le Lundi 5 septembre 2016 - 1:31

On en est à 4 arbres à chat. Je vois encore les yeux au ciel de ma mère et l'air désabusé de ma soeur. Donc, dans le nouvel appart, j'ai réussi à faire entrer 4 structures de corde et de moumoutes. SuperChaton les utilise. Bien évidemment. Mais çà fait de la corde enroulée finalement. çà donne un style. J'ai pas encore tout donné. Parce que mon prochain projet, c'est les étagères au mur, le petit pont en bois et corde suspendu qui fait tout le tour et encore un peu de cordes.

SuperChaton va avoir 3 ans. C'st son anniversaire tous les jours donc il aura rien de particulier et avec la chance qu'il a, je vais oublier de lui souhaiter. Mais qu'importe. SuperChaton s'en fout. Son but dans la vie? Me traverser comme une autoroute à 5h du matin, boire dans mon verre, me choper les chevilles quand je vais faire pipi au radar, me ramener mes élastiques à cheveux et attendre, tête penchée, que je les lance à l'autre bout de la chambre. Mon instant magique avec lui? Le matin, quand il vient, comme depuis tout bébé, caler sa tête dans mon cou et son petit corps contre mon bras quand le réveil sonne. Viens, on se rendort ni vu ni connu.

L'année 2013 ne se finira jamais.

Tu me fais rire. Tu me rends heureuse. C'est abusé. Abusé qu'après toutes ces montagnes russes, je continue encore à faire dépendre mon bonheur de toi. Mais, au final, c'est ce qu'il se passe. Tout le monde se demande. Mais c'est toi. Toi qui m'a ramené à la vie. Il a pas suffi grand chose. Toi. Comme depuis le début. Tu me fais rire. C'est ainsi. Quelques mots parmi d'autres qui ont éclairé mes jours et qui laissent la lumière allumée dans les recoins un peu ténébreux du fond de ma tête.

Je souris. En grand. Très grand. Et je m'ouvre. Aux autres, surtout. J'essaie. Tu me manques, hein. Te méprends pas. Tu me manques un peu tous les jours mais depuis quelques temps, le manque est moins dur. Tu es un petit peu plus avec moi chaque jour alors çà va mieux. Je me surprends à sourire de tes bêtises.

Je me surprends à voir que tu n'as pas changé non plus. Les amitiés, çà va, çà vient mais je nous sens au début d'un nouveau truc. Pas chapitre, pas livre, tome ou volume. Non, un nouveau truc.

J'ai jamais été très douée pour sentir les choses alors surement que je me plante complètement et que c'est pas du tout çà. Mais qu'importe. Je souris en très grand. Et j'essaie de construire des projets.

Je galère à mettre des étapes. Je galère à savoir comment faire. Je connais mon but mais, pour y aller, je sais pas. Je connais pas les routes. Celles que je ne connais pas, je veux dire. Les trucs que je n'ai jamais expérimenté. Je sais pas du tout comment faire ni par où commencer. çà les fait rire quand je leur dis. Et pourtant, c'est la vérité. Mais je suis désemparée. Je veux, hein. Mais comment je peux y arriver ?

Je commence. Petit à petit. Tu m'apprends à m'aimer. Un petit peu par-ci, par là. Sans nommer les choses. J'ai tellement envie de plus. Une nouvelle histoire. Un nouveau truc. Mais on sait tous les deux que çà n'arrivera pas. Ce qui rend les choses encore plus belles.

Tu me fais sourire. Tellement. Allez, arrête maintenant.

Ecrit le Dimanche 21 août 2016 - 4:40

J'ai déménagé. Je sais pas si je te l'avais dit. J'attends encore mon canapé.
En plein centre-ville, dans une rue familiale. Un appartement en mezzanine. J'ai de grandes fenêtres, de la pierre apparente et un lit immense. Oui. J'ai un lit immense. Tu peux pas savoir à quel point les derniers mois ont été durs dans le lit individuel de mon appart' de la gare.
Et plus du lit, j'ai... une baignoire. Et je retrouve un niveau de stress décent. Même quand il fait 40°C, même quand il est 1h30 du matin. Si je rentre du taff et que je suis tendue, je m'enfonce dans l'eau et j'y flotte pendant une bonne heure.

Tu verrais ma vie, putain.

Là, il est 3h59. Et si je suis devant cet écran rétro-eclairé qui me défonce les rétines, c'est parce que j'ai commencé à me parler et que j'en pouvais plus. Trop de mots dans ma tête, trop d'images, trop de projets.

Alors, je viens ici. Et je raconte. Des trucs qui n'ont rien à voir avec ceux dans ma tête. Mais il faut bien commencer par quelque chose. Et le commencement, c'est ce que je déteste. Donc en général, je chope la première phrase qui me vient et je la lance. Tac. Installée, on peut passer à autre chose. Déverrouiller la solitude de ma tête et déverser quelques kilos d'idées sur le net.

A la base, je venais pour te demander une faveur. M'envoyer la photo de la tente. Cette photo que je ne retrouve nulle part. J'aimerais bien la faire imprimer en format.. Allez. Poster. Mais on ne se parle plus et çà fait.. allez. 4 ans que c'est le cas ? Les dates ont tendance à se mélanger. Ah non, 3. C'était 2013. 2013, cette année juste ignoble. Donc en fait, tu vois, je demande ici. Lol. Je demande parce qu'on peut pas ré-écrire le passé, qu'on ne peut pas le revivre non plus, que je sais pas qui tu es devenu et je sais pas non plus si. Bref, on s'en fout. Mais il se trouve que mon appartement est un immense coup de coeur. Un cocon que j'ai construit pièce par pièce ( et dieu sait si on en a ch.. sué à monter meubles sur meubles, bouffer sur des cartons, se taper des fous rires entre deux coups de marteau, se noyer sous les papiers et les plans pas à l'échelle avant de désespérer devant l'inclinaison hallucinante de mon sol en bas. Bref.) et cette photo, c'est juste nos deux étés ensemble. çà fait petit écrit comme çà et rapportés aux années passées à s'écrire tous les jours, çà le fait encore plus. Mais qu'importe. Nos deux étés devaient être vécus. On aurait pu faire plus, et surement moins mais en tout cas, on les a bien rempli et on a vécu.

Mon dieu, comme je tourne en rond.

Bref. Cette photo, elle résume tout. Elle résume la Vie, la liberté. Elle résume... le Bonheur. Elle résume et en même temps, elle me permet de me rappeler l'essentiel : "ils ne savaient pas que c'était impossible alors ils l'ont fait". Et elle me rappelle. T'sais. Quelle question.

Cet appartement, c'est le point de départ.

Mon anniversaire arrive à pas immenses et j'avais déjà un peu pleuré pour mes 26 ans. Alors, les 27 ans, si tu savais le trou que j'ai dans le ventre. Cette sensation que j'ai raté ma vie. Que je suis passée à côté de tout. Tout, tout, tout. Absolument tout. Et que jamais je pourrais plus revivre ce que je n'ai pas vécu au bon moment. Alors toi, tu arrives comme une bouée de sauvetage. Je panique et puis je me rappelle. Oui, çà s'est mal fini. Oui, on a souffert. On a été déçu et compagnie. Mais cette douleur est à la hauteur de ce que l'on avait vécu avant. Tu m'aides à ne pas paniquer. Et cette photo doit s'installer dans mon cocon.

Je me suis démolie méthodiquement. Je suis maintenant très bas.Vraiment. Mais je panique devant ce chiffre. Je me dis que je dois vivre. Qu'il le faut maintenant avant que ce soit devenu une idée risible.

J'ai pas forcément envie de voyager loin, faire des trucs déments. Non, mais je veux me sentir vivante. Je veux rencontrer des gens qui me ressemblent. Des gens avec qui je pourrais être normale. Y'a que toi qui sait qui je suis, pleinement apaisée. Et j'en ai marre. Nos chemins se sont séparés et je dois absolument me mettre un coup de pied au cul pour reprendre la route. Droite dans mes bottes. Trop longtemps que j'erre en mentant à tout le monde. Trop longtemps que je retiens ma respiration. Trop longtemps que je fais le miroir. Les gens ont oublié que j'existais derrière.

Je me suis dit que j'allais recouvrir les murs de photos. Travailler la déco petit à petit. Alors j'en ai plein à imprimer en grand.

Attends, le chat s'agite dans son sommeil. Il fait parfois des cauchemars et ses pleurs sont des sons déchirants à entendre..

Je vais faire une nuit blanche, tu vas voir. Il est presque 5h. J'ai absolument pas sommeil. Je liste mes envies. Mes projets. Par où commencer, comment tout organiser. Je profite de chaque heure de repos hebdomadaire. Dormir est une perte de temps. Je peux vivre seulement deux à trois jours par semaine, en fait. Vive la vie salariée. Surtout quand tu te fais des journées de bâtard pour le smic. Enfin. Hé. J'ai choisi.

J'ai choisi Bordeaux. J'ai choisi la base de l'échelle. J'ai choisi.

Et j'assume.

Et j'ai déménagé. J'ai un vrai appartement. Et à mon image. Et je respire déjà plus grand quand je passe la porte. Ah ah. Vite, la suite!

Ecrit le Samedi 16 juillet 2016 - 23:53

Et.. Avant Toi, on comprend pas bien. On effleure, on se laisse progressivement fondre et quand il est pile trop tard, on est fait comme des rats. Je peux pas te dire. Ça ne se dit pas. Ça se vit. A deux, quatre mains. A deux pieds bien ancrés. Bien beaux, mes amours. Beau comme un roi. Immobile mais vivant. Prisonnier. Libre. Heureux, mon amour. Délivré. Dès le début. Tu m'as manqué. Ses mots étaient les siens. Hollywood en moins. Notre vie réelle en plus. La liberté me manque. La solitude me démolit. Rêver si fort fait naître un gouffre dans mon ventre. Du vide, du vide.. Besoin de toi. Tellement. Reviens. Toi et ton pull. Reviens. Je peux plus faire la fière. J'ai .. chaud dans cette vie si petite. Tellement.

Ecrit le Samedi 2 juillet 2016 - 23:55

Je veux repartir. Revivre le premier été. Revivre. T'sais, juste re-sentir tout ce que j'ai ressenti là bas.

J'y pense en boucle depuis plusieurs semaines. Depuis que j'étouffe au travail, que la fatigue me cloue au lit et que la vie passe trop vite. Beaucoup trop vite.

Deuxième nuit dans mon nouvel appart. Le chat continue de ne pas dormir, je sais pas combien de temps il va tenir comme çà. Moi, je dors. Pas assez à cause du rythme dégueulasse de mon emploi du temps. Mais je dors. Enfin à mon aise dans un magnifique lit deux places.

Mais j'aimerais repartir. Revivre. Parenthèse. La plus belle de toutes.

Tant pis. Les projets tentent, tant bien que mal, de se construire ici. Mais c'est dur. Tellement dur.

Ecrit le Jeudi 23 juin 2016 - 22:45

Le silence qui dure. Qui dure. Qui dure.

Et, au milieu de tout çà, la vie. Je déménage, ça y est. Et je suis remplie de projets.

Et, aux gens qui me disent "non", je leur réponds : " Mais, sans rire, de quoi tu te mêles? "

Les gens mettent trop le nez dans les affaires des autres. Vraiment trop.

Ecrit le Mardi 21 juin 2016 - 1:28

Je ne crois en Dieu que dans les moments où la mort entre en jeu. J'ai beaucoup trop croisé la mort ces derniers temps. Je la recroise encore ce soir et franchement, je suis profondément en colère devant ce vieux tas de cartes moisis que Dieu distribue aux alentours.
Tellement de traumatismes, tellement de douleurs, tellement de chocs. Comme une flamme qu'on allume et qu'on souffle au moment où on en a le plus besoin. Perdu. Perdue. Perdus. Perdues.

Je suis écoeurée.

Louise, prématurée de 27 semaines, issue d'un déni de grossesse, ne survivra pas. Sa maman le sait et va donc la regarder mourir après avoir surpassé le traumatisme monstrueux de sa naissance. Et je n'ai que de la colère, de l'amertume et une profonde déception à cette idée.

Vie de merde.

Ecrit le Lundi 21 mars 2016 - 1:16

D'habitude, je fais mes phrases. Je cherche mes mots, les accolent et les "mise en forme". Mais ce soir, mise à mal devant mon film favori, je reprends les leurs. Ils sont doux, tristes et beaux. Ce sont les mots de la fin. La dernière avant que le réalisateur n'apparaisse sur fond noir. Ils sont pour toi. Toi, je le sais, qui te reconnaitras. Qu'importe maintenant. Ce sont les mots d'une fin douce, triste et belle. Tirons un peu l'eclairage sur notre fin à nous. "Je pensais à toute cette douleur que l'on s'est infligé l'un l'autre. Tout ce dont je t'ai rendu responsable. [...] Parce que nous avons grandi ensemble, je t'aimerai toujours. Et parce que je suis moi, grâce à toi. Je voulais seulement que tu saches qu'il y aura toujours en moi, une part de toi. Et je te remercie infiniment. Quelque personne que tu deviennes, quelque soit l'endroit où tu seras dans le monde, je t'envoie mon amour. Tu es mon ami à jamais." Bonne nuit.

Ecrit le Dimanche 24 janvier 2016 - 23:23

J'ai branché le disque dur de la vie d'avant. Et je me suis perdue. J'ai retrouvé des habillages pour le blog, des écrits, des milliers de photos. J'ai percuté une sorte de train. Je regarde çà de loin. Ca fait une sensation bizarre. Je me suis souvenue de trucs que j'avais occulté. çà m'a rappelé la mort de ma grand mère. L'avant Mathias. Les longues promenades intérieures à bâtir des châteaux de cartes.

J'ai 26 ans maintenant. Je suis passée à autre chose.

Je reste désespérément en marge de la vie normale, j'arrive pas à y faire face. Je ne fuis pas, je m'adapte. Mais je sais que je ne suis pas à ma place. Je sais aussi qu'il me manque un truc essentiel. Il me manque le moteur. L'envie. Le bonheur.

Je sais pas comment dire ni comment l'expliquer. J'ai relancé le baladeur des Années Médecine. Et ces sons, plus que les images, me gênent. Me remettent dans l'Avant.

J'aimerais vivre, putain, les gars. J'aimerais vivre. Ici, c'est de la survie. Et de la survie dans un établissement de merde en plus. Même le chat m'engueule.

Ecrit le Lundi 18 janvier 2016 - 11:34

Je ne me souviens plus de ce que je ressentais au volant, sur les routes de Cadaques, Llança et Port de la Selva.
Je me revois dans l'eau, assise en tailleur.
Anesthésie.
Le temps qui passe et qui grise tout.
Passe, Passé.

Ecrit le Mardi 13 octobre 2015 - 1:45

Faut que j'écrive. Je le sais, çà déborde presque. Sauf que çà fait trois fois que je commence et autant de fois que j'efface tout.

J'ai rêvé qu'elle était enceinte, qu'il me balançait la vidéo de son gros ventre comme çà. Et au réveil, j'ai réalisé que j'avais vraiment beaucoup souffert dans ma vie et que je souffrais encore malgré les fous rires et les facilités affichées. Et que je tiendrais pas forcément jusqu'au bout.

Bref, je voulais écrire sur les sacs poubelle balancés, sur la déprime passagère et sur le fait que j'ai le chat chez les parents. Sauf que j'y arrive pas.

Je voulais aussi dire qu'il me manquait et qu'elles aussi. Mais ce sont des choses qui ne se disent pas.

J'y arrive pas. Et c'est frustrant.

Ecrit le Dimanche 20 septembre 2015 - 17:24

Le remède ?

Enfiler un jean qui était trop petit
Le fermer.
Mettre son casque (pour les voisins)
Sélectionner les morceaux
Monter le son au maximum
et
Danser


So I'll be needing you
And I know you'll be needing me too
We're in this game together
We're in this game together
And I believe in you
And I know you believe in me too
We're in this game together
We're in this game together
So I'll be needing you


Le Soleil s'éteint sur Nos Destins.
Laisse la nuit trembler en moi.
Laisse nous tomber pour cette fois.
Efface mes pas.
Et laisse moi seule
Laisse moi loin de tes côtés.

Allez, allez, on fait les poussières et on vire les vieux machins. Hop, poubelle!

Ecrit le Dimanche 6 septembre 2015 - 10:47

P.68,

Cowblog étant devenu ce qu'il est ( à savoir une plateforme très très défaillante ), je n'ai pas réussi à récupérer ton adresse mail.
Peux tu me laisser ton mail dans un commentaire ? (je dois maintenant les valider avant de les publier, comme çà, l'info restera top secret !)

Je croise les doigts pour que tu repasses par là parce que sinon, on rajoute encore aux actes et retrouvailles manqués !

A très vite !

Ecrit le Samedi 29 août 2015 - 1:28

On est le 29 Août.

J'aime comment l'inconscient peut nous prendre en traitre. Je n'arrivais pas à savoir pourquoi j'ai rêvé de Mathias la nuit dernière. J'ai vécu ce Vendredi 28 Août 2015 poursuivie par les relents de mon rêve, une sensation étrange au fond des membres. Impossible de m'en dépêtrer. Et là, à l'instant, en lisant mon livre, je tombe sur une fille qui prend la route pour une nouvelle vie.

Et nous sommes le 29 Août 2015.

Comme la vie peut être remplie de coïncidences étranges, parfois. Des coïncidences vraiment grosses qui me font un peu flipper. Mon quotidien en surface continue mais à l'intérieur, il semblerait que la machinerie n'ait pas suivi et tourne toujours à l'heure de 2011.

Attends, j'ai besoin de musique. Je suis en train de prendre l'eau. Je me suis faite complètement avoir.

Le 29 Août 2011, je commençais mon troisième jour de vacances. Vacances que clôturaient un CDD de trois mois et qui me laissaient un mois de liberté avant de retourner au travail avec un CDI. Bref, Juin 2011 : début du bonheur.

Donc ce 29 Août 2011, je dois prendre le train. Ma mère m'évite les RER et me dépose dans Paris, sur une ligne de métro direct pour Gare de Lyon. Je la laisse, j'ai mal au ventre, les larmes aux yeux. Comme si je n'allais pas rentrer. Comme si.

Je prends le train pour Perpignan et je ne voyage pas léger. Je voyage avec une grosse valise remplie d'un trousseau de survie (énorme), d'appréhensions et de déterminations. Je pars pour l'Espagne. Seule, sans point de chute, sans programme, sans vraie fiche de route. Je pars pour partir. Et je pars pas facile.

Le train m'emmène à Perpignan et de là, je récupère ma voiture.

Quand je pense à tout ce que je n'ai pas dit à mes parents.. Qu'ils m'aient laissé partir relèvent du miracle.. Ma réponse à toutes leurs questions était " Je ne sais pas ". Ils ont du prendre sur eux. Ou alors ils s'en foutaient. Mais je crois surtout qu'ils me lâchaient la bride pour la première fois de toute ma vie. Liberté, liberté chérie.

Devant la voiture, Dieu me fait un clin d'oeil. Parmi tous les modèles équivalents dans la catégorie que j'avais choisie, je tombe sur une petite 207 gris métallisé. J'ai fait mon permis dessus, autant te dire que la bestiole, j'y ai déjà mes marques (malgré le fait que je n'ai pas touché un volant depuis près de deux ans. Pas de panique, voyons!)

En petite prévoyante que j'étais, j'avais déjà vu sur internet qu'il y avait un supermarché à coté de la gare. Je vais acheter gâteaux pour me caler l'estomac sur le reste du trajet et eau pour la semaine à venir.

Je prends le volant, roule pendant trente minutes dans Perpignan et au moment de prendre vraiment la route de l'Espagne, je me gare dans une cité et j'appelle ma mère pour qu'elle me serve de GPS. Elle se permet de petites réflexions ironiques qu'un GPS taïwanais ne se permettrait jamais mais me fait sortir de Perpignan et me met sur la bonne route. Ah, les parents..

Je pars et plus les kilomètres défilent et plus mon autonomie s'installe. Je prévois de dormir avant la frontière, histoire de reposer mon genou. En arrivant sur le parking, premier appel. Je ne sais pu qui appelle l'autre. Mais premier contact vocal.

Il me convainc de passer la frontière et d'aller jusqu'à Llança. Soit. Je reprends le volant après m'être reposée et je commence à flipper. Le jour tombe, la route n'en finit pas et elle est juste super étroite. Pour moi qui n'ait la voiture que depuis deux heures, chaque croisement avec un véhicule me fait serrer les fesses. Réflexe débile s'il en ait mais réflexe quand même. Tout mon attirail tombe du siège passager dans un coup de volant un peu franc et me voilà à plonger au pied du siège pour récupérer mon téléphone qui sonne et mon plan, fait par lui (je ne me souviens pu bien mais je l'ai encore dans le cahier). Je trouve enfin le panneau qui m'indique de tourner à gauche pour prendre une route encore plus étroite que la première et encore plus perdue au milieu des champs. C'est fou à quel point certains détails ne s'effacent pas.. Même 4 ans après.

Je finis par arriver à Llança et encore un appel pour le prévenir que j'arrive. Je guette les trottoirs, on sait jamais. Et je vois un visage qui me parle. Un nez en trompette (diiiiieu qu'il m'en a voulu sur ce coup là xD). Je lui annonce que je pense l'avoir croisé et je prends à droite sur son indication. Je continue et tombe par chance sur le méga parking de la ville.

Vous pouvez pas imaginer à quel point l'année 2011 a été une année remplie de chance. Je n'ai jamais eu autant de chances que cette année là. Quand je repasse le fil des évènements, je me dis que c'est de la folie à quel point j'ai été chanceuse. Tout a été parfait. Tout est tombé pile poil là où çà devait.

Suite à çà, je me gare, ouvre toute la voiture, et plonge côté passager pour tenter de ramasser tout mon bordel. Et c'est comme çà qu'il me trouve. A moitié enfoncé dans l'habitacle en essayant de pas me cogner la tête.

Suite à çà, je me laisse guider et je me retrouve dans ma première chambre d'hôtel, dans ma première expédition solo, avec un étranger que je connais depuis des années un étage plus bas.

Le gars qui avait juré de ne jamais rencontrer personne du net. Regarde tout le chemin parcouru et je n'étais que la première.. *sourire*

Faudrait que je rouvre le cahier pour savoir ce qu'il s'est passé ensuite. La chronologie se mélange un peu. Je me souviens de la sangria dégueu sur la terrasse de l'hôtel. Nos premiers fous rires. Les espagnols qui ont parlé toute la nuit en bas de mes fenêtres.

Je me souviens aussi du phare. Tu étais perché sur les rambardes, tu me faisais face et je me faisais manger aux moustiques assise sur le banc, face au golfe du Port de La Selva. Là, on avait parlé, parlé, parlé, parlé. On cherchait nos marques, t'sais.

Putain, tellement de souvenirs avec toi. Tellement, tellement, tellement. Des trucs qui datent de quatre ans, çà y est.

çà fait quatre ans. Quatre ans. Les mots seront d'aucune utilité maintenant pour décrire le creux que je ressens. La nostalgie qui fait mal.

çà a duré deux semaines puis deux semaines et demie après en cette année 2011. En 2012, plus de voyages encore. Et il ne reste de çà que ma tête et un cahier. Cruel gâchis. Monstrueux gâchis.

Alors, cet anniversaire, je ne pouvais pas le fêter ailleurs qu'ici, plateforme qui meurt et te vole une part de ton passé mais qui fut l'instigatrice de notre rencontre. Y'a qu'ici que cet anniversaire prend tout son sens. Là où tu es encore de temps en temps.

Ecrit le Samedi 4 juillet 2015 - 14:52

Je te cherche. Un peu partout. En dillettante. Je te cherche. Et je ne te trouve pas. Je sais pas vraiment si je veux te retrouver, je sais pas. Je crois que je veux surtout voir si tu as grandi, passé de nouveaux stades dans ta vie d'être adulte et adapté à la société. Moi, je vais te dire, je cherche la structure rare. Parce que ta souffrance est la mienne, sauf que moi, je prie pour ne jamais avoir à subir le meme enfer que celui qui fut (qui est) le tien. Je te cherche, oui. J aimerais voir ce que tu es devenu.

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